Septembre 2007

 

6░ ANNEE  N░20

 

L'œil du peintre

Ce numéro a maturé lentement, comme les pommes du jardin. Il arrive pour la fin de l'été et le calendrier annoncé aux lecteurs n'est pas vraiment tenu. Je veux croire qu'il y a gagné un peu, tant j'ai l'impression de conduire à chaque fois un périlleux exercice d'équilibriste pour boucler sans bâcler. Le but ici n'est pas d'accumuler des textes et des pages (je vous parlerai un jour du numéro fantôme de la NRM, de ces mots et images qui attendent de voir le jour, cachés dans un tiroir ou sur le disque dur d'un ordinateur). Mon idée directrice était que ce numéro d'été soit un peu plus solaire que les précédents, avec de la chaleur, de la lumière, du bonheur de vivre. Pour le constituer, j'ai fait un bouquet en mêlant ce que j'avais au frais (les merveilleux dessins de Popofe) et des textes fraîchement éclos. Ceux de Gérard Farasse qui ouvrent ce numéro sont regroupés sous le titre "Peinture fraîche". La peinture, on le sait depuis Léonard de Vinci, "e cosa mentale". Ces textes n'ont pas seulement en commun de s'intéresser au regard du peintre. Ils se focalisent sur un point, une anecdote, un détail, et prolongent la rêverie qui naît des images apparues dans le regard de Clovis Trouille, Botéro, Henri Rousseau, Jules Leclercq et Edward Hopper. Curieux mélange ? Comme dans les rêves.

A côté d'autres auteurs déjà familiers des lecteurs de La Nouvelle Revue Moderne, Laurence Monfroy, J-M Aubevert, Mimosa, Marie Ginet, de nouvelles signatures font leur apparition : Thomas Vinau, qui nous livre de curieuses recettes de sorcière "pour rattraper le jour", Jean-Marc Flahaut, rencontré lors d'un atelier d'écriture de l'association Filigrane à Villeneuve d'Ascq, Eric Dejaeger, éditeur de la revue Microbe, avec qui nous partageons une passion commune pour au moins trois auteurs, Bierce, Brautigan et Sternberg (la liste n'est pas limitative), et Dorothée Blanck, qui nous invite à ouvrir les pages de son Journal d'une dériveuse. Les deux grandes expositions évoquant le surréalisme qui ont eu lieu cet été au Nord de Paris, à Amiens (Clovis Trouille) et à Mons (Le surréalisme en Belgique 1924-2000) trouvent un écho dans ce numéro. Guy Ciancia revient sur le livre de Xavier Canonne, commissaire de l'exposition de Mons, et réaffirme avec lui que la révolte initiatrice de l'aventure surréaliste est plus actuelle que jamais. Encore merci à Popofe Dumont pour nous avoir confié sa vision du Karma Substra, et à Justine Planchon pour l'illustration de la page centrale.

PHILIPPE LEMAIRE