La poésie

La poésie est-elle propriétaire des mots qui la définissent, la font s'abandonner aux concepts établis de notre culture ? Ne pourrait-elle pas instruire d'autres calamités intemporelles que notre monde tient pour un paradis technique dans les faubourgs de son royaume divin ? Je dis la poésie, certes, mais le mot lui-même, sa structure écrite et l'ombre qu'il étend sur la page, peuvent aussi bien arguer de mon propos. La naissance du texte, honorée tant de fois comme venue d'un néant, lui-même intellectuel, met en ordre ses idées confuses, cérébrales, agitées par sa course à travers les plaines tragiques du subconscient. Et votre écriture, encore minée par le surréalisme, les drogues et la prière, devient le fragment ( ou les ) d'une épopée répétitive qui annonce tout agglomérat de l'inspiration. Le sentiment égaré dans cette éjaculation reste un simple écart de langage. Verrait-on la beauté de l'âme sortir d'un placenta autoritaire ? Finalement la poésie fuit la réflexion qui la suggère.