Printemps 2007

 

6░ ANNEE  N░19

 

Claude Pélieu
Jacques Sternberg

 

Ce numéro, qui associe des hommages à deux écrivains disparus, Claude Pélieu et Jacques Sternberg, repose sur quelques choix personnels. Tout d'abord, celui de poursuivre la publication d'une revue imprimée, ce qui n'a rien d'évident à l'ère des blogs. Ensuite, celui de publier deux dossiers dans le même numéro, au détriment des textes de création qui devraient retrouver toute leur place dans le numéro d'été.
Pélieu et Sternberg n'appartenaient pas à la même galaxie intellectuelle, même s'ils ont subi l'influence du surréalisme et avaient un goût commun pour le bricolage créatif... et les collages. Cette réunion est un peu le fait du hasard, mais le hasard est créateur ! Au début de l'année 2005, j'ai extrait des rayonnages giboyeux de la librairie Un Regard Moderne à Paris (10 rue Gît-le-Cœur, à deux pas des lieux où était situé autrefois le Beat hotel de Madame Rachou), une enveloppe agrafée contenant des photocopies de textes de Burroughs, et un tapuscrit original de Claude Pélieu. Marie-Laure Dagoit, des éditions Derrière la salle de bains, avait semé là quelques pochettes-surprises destinées à offrir pour une somme modique collages et inédits de Pélieu à des lecteurs de hasard. La découverte d'Eden express fut pour moi une joie d'autant plus vive que, comme beaucoup, j'ai laissé un peu de mon cœur à San Francisco. "Dear Laurie, Celui-ci, j'y tiens tel quel parce que c'est un instantané sur ces années là", avait ajouté Pélieu au stylo rouge en haut de la première page du document.
J'ai eu envie à mon tour de faire partager cette photographie de "ces années là" car il semble, après vérification, que ce texte n'ait jamais été publié. Lucien Suel, qui fut un des amis et correspondants de Claude Pélieu depuis 1977, a accepté de le présenter. Il m'a semblé après l'avoir reçu que la publication du petit ensemble qu'il a préparé pour les lecteurs de La Nouvelle Revue Moderne ne pouvait plus attendre. J'adresse donc tous mes remerciements à Marie-Laure Dagoit, pour avoir fait circuler cet inédit, et à Lucien Suel, pour ce travail de mémoire et de présentation qui ne vise pas seulement à transmettre des mots, mais aussi à communiquer la générosité et l'envie d'échanger qui animaient Claude Pélieu.

Autour de Jacques Sternberg, j'ai réalisé un travail plus personnel qui m'a permis d'approfondir mes lectures, et surtout de trouver le contact avec des proches d'un auteur qui m'a toujours été cher, mais que je n'ai jamais rencontré : Walter Lewino, qui m'a autorisé à publier le texte écrit en souvenir de son ami, Dorothée Blanck, la grande amoureuse, qui publie sur internet son remarquable Journal d'une dériveuse, et Eric Dejaeger, qui m'a confié le résultat de ses recherches bibliographiques. Il m'a paru également urgent de mettre toutes ces informations à votre disposition, en publiant cette fois l'intégralité de mon article, y compris les pages publiées dans le numéro précédent avec la mention (à suivre).

PHILIPPE LEMAIRE