De sa chambre ouverte

De sa chambre ouverte sur une nuit d'été un homme se remémore les transhumances de sa vie immobile. Sa femme le maintient dans l'ombre jusqu'à ce qu'il touche les étoiles avec ses souvenirs candides. Au loin la voix d'un chien répond aux calomnies d'usage tandis qu'entre le temps et l'espace qu'il contient se répandent des lassitudes agraires. Et du cauchemar surgit la peur divulguée ordinairement avec le silence. Plus à l'écart, en haut de la façade, certains enfants crient comme des animaux d'instinct. Également le vieil instituteur du bout de la rue écarte les doigts sur son cahier pour inscrire un ultime poème. Orion scintille. L'âge n'est plus ici-bas qu'une molle courtoisie. L'hôtel, lui-même raccourci par l'ignorance, promène des meubles enfantins dans le quartier, fait miroiter ses glaces où se multiplient les secondes grimpées sur les genoux d'un dieu kenyane, à son tour, ensemence les amours perdues et les chats retrouvés. Sur le place de l'inspiration nul ne piétine sinon le fantôme d'un fonctionnaire que l'on avise sans cesse. Un bras se tend vers la lune qu'il décroche, laquelle devient si noire que l'obscurité étincelle. Puis rien ne s'exprime plus que le ballon des errances conduisant le destin jusqu'à sa porte.